Gwennaëlle BURELLER - Voir sans être vu









Annah FRADELIZI




Natalia KLEPATCHEVSKAYA - Double face

Zoé SYLVESTRE

Natalia KLEPATCHEVSKAYA - Double face

Annah FRADELIZI - Masse éphémère


Katie HOWORKO - enTREE




Annah FRADELIZI - De la mobilité à l'ancrage




P3 Cremel + Hertweck

La particularité de ces deux studios, regroupés sous le nom d’Ecotectonique, consiste à lier structure architecturale et paysage urbain. Partant du programme commun du P3 d’une station de bateau-bus et suivant la thématique commune de la dimension constructive de l’architecture, il s’agissait pour les étudiants de concevoir, représenter et matérialiser un projet à partir de et en rapport à un site parisien, situé entre les Ponts du Double et de la Tournelle, en face de Notre-Dame et au niveau des quais de la Rive gauche.

Pour aborder individuellement et de manière originale une synthèse entre structure et site, la première phase à la fois analytique et conceptuelle partait d’une fiction de catastrophe : les étudiants, regroupés en trois équipes, devaient imaginer respectivement une inondation, un enneigement, ainsi qu’une éclipse continue, et établir des réponses conceptuelles (architecturales, urbanistiques, sociologiques, etc.) à chaque catastrophe. L’objectif de cette première phase était de monter la première page d’un numéro spécial de Paris Match sur la catastrophe et de présenter un cahier de charge, développé par des (futurs) architectes.

Le scénario d’un mètre et demi de neige qui couvre continuellement Paris a engendré parmi certains étudiants une réflexion originale sur les circulations, par exemple en superstructure, ce qui les a amené à penser l’immeuble depuis le haut et non pas depuis le rez-de-chaussée. Le scénario d’inondation a entraîné principalement une réflexion sur la mobilité architecturale ou des structures éphémères. Finalement, le scénario d’une éclipse continue a fait réfléchir les étudiants sur l’orientation des parcours publics, les obstacles physiques ou l’apparence de l’architecture la nuit. Certains étudiants ont également abordé des mesures écologiques ou des innovations énergétiques comme, par exemple, une isolation hyperperformante, une production électrique par turbine ou une concentration de l’éclairage public de certains chemins stratégiques au dépit des monuments historiques (pour pousser à l’extrême le slogan « more ethics, less esthetics »).

Cette première phase a donné aux étudiants un moteur conceptuel pour leur station bateau-bus et, en même temps, les a engagés à penser leur projet à partir de et dans leur site. Ainsi nous voyons réapparaître dans cette exposition des thèmes qui se déduisent directement de cette première phase plus expérimentale comme la flexibilité, la mobilité, le développement durable, la topographie artificielle, la topologie programmatique, la morphologie structurelle, la modularité constructive auxquels les étudiants ont répondu avec un grand spectre conceptuel. Notre objectif pédagogique principal consistait à pousser l’expérimentation et l’ouverture idéologique à l’extrême tout en donnant aux étudiants les instruments conceptuels et de représentation pour y parvenir. Soulignons également que le studio n’a pas été considéré comme un pur atelier de fabrication, mais plutôt comme un laboratoire d’idées, de critiques et de théories. Ainsi, les critiques architecturales en studio ou en groupes plus restreints ont été accompagnées d’exposés plus théoriques et historiques pour alimenter les étudiants dans leurs recherches référentielles et conceptuelles.

Pour cette exposition, nous avons regroupé l’ensemble des projets autour de cinq thèmes :

« Masse à masse » où le projet signifie des volumes en regard de la masse urbaine.

« Surface de formation », des choix de matière ou de stratégie structurelle font du projet un champ exploratoire.

« Habitabilité/structure », une attitude plus classique des enjeux déclinés par l'architecture.

« Topographie » quand le relief et la localité guident le développement du projet.

« Déambulation, parcours » c'est les sollicitations des sens et du corps en déplacement qui commandent les directions et orientations.

L'exposition est montée par le groupe étudiant qui a organisé collectivement propos, maquettes, information et recollement. Pour faire part de ce travail du semestre, ils ont travaillé à comprendre les implications constructives spécifique à chaque projet et choisis les éléments qui permettaient d'en lire la cohérence ou qui au contraire signifiaient une singularité plus développée. Cette exposition est un prolongement dans le détail et la fabrication d'expériences testées auparavant dans des phases d'échange intense préliminaires au projet personnel.

L’implication collective, est, dans ce studio, une conséquence à un choix pédagogique qui pose l’exploration et l’expérience comme principe de travail. C’est l’insuffisance ou la conscience de l’incomplétude individuelle qui poussera l’étudiant à construire son projet. Des lieux, des moments ont été mis en place pour favoriser les différents apports : un blog collectif, des visites extérieures ainsi qu'une ultime étape d'exposition commune comme un apprentissage mis en partage.

Hugo BILLIONNET - Plis urbains